Guide gratuit · Nutrition de course

Le
Carbload Faire le plein de glycogène avant une course ou un gros événement, pour repousser le mur et finir fort.

Le carbload, c'est pas une excuse pour manger des pâtes à volonté la veille. C'est une méthode pour remplir ton réservoir d'énergie au-dessus de la normale. Ce guide fait le tour : les glucides, le sucre, le glycogène et l'énergie, avec les bons chiffres et le bon timing pour ton jour J.

500gRéserve normale
90minLe seuil qui compte
10g par kilo, jour de charge
2:1Glucose-fructose
RÉSERVOIR DE GLYCOGÈNE Chargé +50% · L'OBJECTIF Normal ~400 À 500 G Bas TU RALENTIS Le mur RÉSERVOIR VIDE CHARGER = MONTER LE NIVEAU
Touche un niveau
Ton réservoir d'énergie
Touche un niveau pour comprendre. Le carbload sert à monter ton réservoir au-dessus de la normale avant le départ.
Section 01

Le glycogène,
ton réservoir d'énergie

Quand tu manges des glucides, ton corps les stocke sous forme de glycogène dans tes muscles et ton foie. C'est ta réserve de carburant prioritaire dès que ça pousse fort. Le problème : le réservoir est petit. Quand il se vide, tu frappes le mur. Trois chiffres pour comprendre l'enjeu.

400g
Ton réservoir total
Un athlète moyen stocke environ 400 à 500 g de glycogène en tout, muscles et foie. Ça vide vite sur un long effort. C'est là que le carbload rentre en jeu.
ISSA Sports Nutrition
90min
Le seuil où ça compte
En bas de 60 à 90 minutes d'effort continu, tes réserves normales suffisent. Le carbload devient payant surtout pour les événements plus longs : demi, marathon, triathlon, gros ride, longue rando.
Glycogen loading
3×
D'eau par gramme stocké
Chaque gramme de glycogène est stocké avec 3 à 4 g d'eau. Tu vas peser 1 à 2 kg de plus après ta charge. C'est normal, c'est de l'eau et du carburant, pas du gras.
ISSA Sports Nutrition
Le mur, c'est pas un manque de volonté. C'est ton réservoir de glycogène qui tombe à zéro. Jambes en coton, tête dans le brouillard, tu ralentis d'un coup. Le carbload existe pour repousser ce moment le plus loin possible.
Section 02

Le carbload, c'est pas
une bouffe de pâtes

Tout le monde connaît le « souper de pâtes » de la veille. Sauf que la plupart le font mal : trop de sauce grasse, trop de fibres, une seule soirée, et pas de réduction de l'entraînement. Résultat : estomac lourd, réservoir à moitié plein. Voici la différence entre le mythe et la vraie méthode.

Le mythe

Le gros souffle de pâtes la veille

Une seule grosse assiette de pâtes avec de la sauce crémeuse, du pain à l'ail et du dessert, le soir avant. Trop de gras, trop de fibres, trop tard. Tu te réveilles ballonné et ton réservoir est loin d'être plein.

La méthode

Charger sur 1 à 3 jours

Tu montes tes glucides à chaque repas pendant 1 à 3 jours, faible en gras et en fibres, pendant que tu réduis ton entraînement. Tes muscles ont le temps de sur-remplir le réservoir. C'est la supercompensation.

Le mécanisme, en simple : quand tu réduis l'entraînement et que tu inondes ton corps de glucides, une enzyme (la glycogène synthase) profite de la fenêtre pour stocker plus que la normale. Ton réservoir passe au-dessus de son niveau habituel. C'est ça, la supercompensation : pas juste remplir, mais surcharger.

Retiens la règle du 90 : si ton effort dure moins d'une heure et demie, mange normalement, pas besoin de charger. S'il dure plus longtemps, le carbload devient un de tes meilleurs alliés.
Section 03

Combien charger,
et comment

La cible, c'est le poids. On vise environ 8 à 10 g de glucides par kilo de poids de corps, par jour, sur les 1 à 3 jours avant l'événement. Pour une personne de 75 kg, ça fait 600 à 750 g de glucides par jour. Trois façons de t'y prendre, selon ton temps. Clique pour déplier.

La version moderne, sans souffrance. Pas besoin de te vider d'abord. Tu réduis simplement ton entraînement et tu montes les glucides sur les 3 derniers jours.

  • J-3 à J-1 : entraînement très léger ou repos, et glucides élevés (8 à 10 g/kg/jour).
  • Faible en gras et en fibres : pour éviter de te sentir lourd et bouché.
  • Étale sur la journée : plusieurs repas et collations, pas une seule montagne de bouffe le soir.
Pour qui : à peu près tout le monde. C'est la méthode à utiliser pour ta première course comme pour ton marathon.

Quand tu manques de temps ou que tu décides à la dernière minute. On concentre la charge sur 24 à 48h.

  • 10 à 12 g/kg/jour de glucides sur les 24 à 48h avant le départ, presque sans effort physique.
  • Vise des glucides très digestes : riz blanc, patates, bananes, jus, boissons sportives, miel.
  • Moins parfait que la version 3 jours, mais ça remplit quand même bien le réservoir.
Pour qui : les événements décidés tard, ou les fins de semaine chargées où tu peux pas planifier 3 jours.

La méthode d'origine des années 60. On se vide d'abord, puis on surcharge. Efficace, mais dure à vivre.

  • Phase de décharge (3 jours) : entraînement épuisant + très peu de glucides. Le corps est à sec.
  • Phase de charge (3 jours) : repos + glucides très élevés. Le réservoir se sur-remplit encore plus fort.
  • Le prix à payer : 3 jours de fatigue, d'irritabilité et de jambes molles pendant la décharge.
Pour qui : presque personne aujourd'hui. La méthode simple donne des résultats semblables sans les jours de misère. À connaître, pas à faire.

Le piège, c'est de sous-estimer combien c'est. Voici des sources digestes, faibles en fibres, faciles à empiler dans une journée de charge :

  • Féculents blancs : riz blanc, pâtes, pain blanc, patates. La base de tes repas.
  • Fruits digestes : bananes bien mûres, compote de pommes, jus, dattes.
  • Sucres rapides : miel, sirop d'érable, confiture, boissons sportives, barres.
  • Liquides : un jus ou une boisson glucidique fait grimper le compte sans remplir l'estomac.
Exemple d'une journée : gruau + banane + miel au matin, riz + poulet maigre le midi, boisson sportive dans l'après-midi, grosse portion de pâtes sauce légère le soir, compote en collation. Faible en gras, faible en fibres, glucides partout.
Baisse l'entraînement, monte les glucides digestes, étale sur la journée. Ne charge pas pour la première fois le jour d'une grosse course : teste ta méthode sur un entraînement long ou une course B d'abord.
Section 04

Le repas d'avant course,
et le piège du sucre

Le matin du jour J, un seul objectif : remplir le glycogène du foie (qui se vide pendant la nuit) sans déranger ton estomac. Et surtout, éviter un piège classique du sucre qui peut te couper les jambes dès le départ.

Le repas d'avant, la recette : des glucides faciles à digérer, faibles en fibres et en gras, 2 à 3h avant le départ pour avoir le temps de digérer. Pense gruau, pain blanc avec miel, banane, riz. Rien de nouveau, rien de gras, rien de fibreux. Tu testes ce déjeuner à l'entraînement bien avant, jamais pour la première fois le matin de la course.

Le piège

Un gros sucre 30 min avant

Une boisson sucrée ou un gel juste avant le départ fait grimper ta glycémie d'un coup. Ton corps répond avec un pic d'insuline qui bloque la libération de ton glycogène. Résultat possible : un creux d'énergie dans les premières minutes, exactement au mauvais moment.

La bonne fenêtre

Loin, ou pile au départ

Prends tes glucides complexes 2 à 3h avant, le temps que l'insuline redescende. Si tu veux un dernier boost, prends-le dans les 5 dernières minutes ou au coup de départ : l'effort bloque l'insuline et tu profites du sucre sans le creux.

Glucides complexes 2 à 3h avant, faibles en fibres. Le dernier sucre rapide, soit tu le prends au moment exact du départ, soit tu t'en passes. La zone dangereuse, c'est 30 à 45 min avant.
Section 05

L'énergie pendant
l'effort

Ta charge remplit le réservoir avant le départ. Mais sur un long événement, il faut aussi remettre du carburant en route pour épargner tes réserves et repousser le mur. Dès que ça dépasse 60 à 90 min, tu ravitailles. Voici combien, quoi, et surtout un truc de science qui double ce que ton corps peut absorber.

Commence tôt
Ravitaille dès 30 à 45 min, avant d'avoir faim ou de sentir la baisse. Attendre d'avoir le creux, c'est déjà trop tard : tu cours après ton énergie tout le reste de la course.
dès 30-45 min
60 à 90 g par heure
La cible pour un effort de 2h et plus : 60 à 90 g de glucides à l'heure. En bas de 2h, 30 à 60 g suffisent. Au-delà de 90 g, la plupart des estomacs disent non.
effort 2h+max ~90 g/h
Le truc du 2:1
Ton intestin absorbe le glucose et le fructose par deux portes différentes. En mélangeant 2 parts de glucose pour 1 de fructose, tu absorbes environ 50% de plus qu'avec du glucose seul. C'est pour ça que les bons gels sont en ratio 2:1.
glucose + fructose+50% absorbé
Tes sources
Gels ratio 2:1, boisson sportive, bananes, dattes, barres, bonbons de sport. Sur du très long, alterne liquide et solide. Garde ça simple et testé.
gels · boisson · fruits
Bois et sale
Sur plusieurs heures, l'eau seule te dilue. Ajoute du sodium (électrolytes, boisson sportive) pour retenir l'eau et éviter l'hyponatrémie. Le sel, c'est aussi important que le sucre sur le long.
sodiumrégulier
Entraîne ton ventre
Ingérer 90 g/h en courant, ça se pratique. Ton estomac s'entraîne comme tes jambes. Teste ta stratégie sur tes longues sorties, jamais pour la première fois en course.
à pratiquer
Charge avant, ravitaille pendant. Commence tôt, vise 60 à 90 g/h en ratio 2:1, bois avec du sodium, et pratique tout ça à l'entraînement. Le jour J n'est jamais le jour des expériences.
Section 06

Les vérités qui
changent tout

La science récente nuance le vieux dogme du « plus de glucides = mieux ». Ces quelques vérités t'évitent les erreurs classiques et t'enlèvent un paquet de stress inutile avant une course.

La moitié seulement est brûlée
Environ 50% des glucides que tu avales en course sont réellement utilisés comme énergie. Ingérer 90 g/h ne veut pas dire 90 g d'énergie. Ça sert à rien de te forcer au-delà de ta tolérance.
Noakes & Prins 2025
Ta base aérobie te sauve
Un corps bien entraîné en Zone 2 brûle mieux le gras et dépend moins des glucides. Ta base d'endurance est ta meilleure assurance si un ravitaillement foire. L'entraînement passe avant la nutrition.
fat oxidation
Trop de sucre nuit
Au-delà de 120 g/h, le sucre fait grimper l'insuline et bloque en partie l'utilisation du gras. Tu deviens plus dépendant du glycogène, pas moins. Plus n'est pas mieux : reste dans la fourchette.
plafond ~90 g/h
Le +2 kg est normal
Après ta charge, tu pèses 1 à 2 kg de plus. C'est l'eau qui accompagne le glycogène, pas du gras. Ne panique pas et ne saute pas la charge pour ça : cette eau, c'est aussi ton hydratation de course.
eau, pas gras
Course n'est pas vélo
La plupart des gros chiffres de glucides viennent d'études sur des cyclistes. En course à pied, ça brasse plus, c'est plus dur à digérer. Vise le bas de la fourchette si tu cours et que ton ventre est sensible.
adapte au sport
Pratique avant le jour J
Le carbload et le ravitaillement, ça se maîtrise avec le temps. Teste ta charge et ta stratégie sur une course B ou une longue sortie. Jamais une nouveauté sur ta grosse course de l'année.
★★★ règle d'or
Le carbload, c'est un outil, pas une religion. Charge intelligemment, ravitaille dans la fourchette, fais confiance à ta base d'endurance, et teste tout d'avance. Le calme vient de la préparation.
Section 07

Ton événement a-t-il
besoin d'un carbload ?

Charger, c'est pas toujours nécessaire. Trouve ta situation et tu sauras exactement quoi faire cette semaine.

C'est quoi ton prochain défi ?
Section 08

Ton plan carbload,
de J-3 à la ligne de départ

Le plan complet pour un long événement, dans l'ordre. Coche au fur et à mesure, ça se sauvegarde tout seul sur ton appareil.

0% complété
J-3 à J-1
Charger le réservoir
Glucides à chaque repas (8 à 10 g/kg)
Faible en gras et en fibres
Entraînement réduit ou repos (taper)
Jour J · le matin
Remplir le foie
Déjeuner glucidique 2 à 3h avant
Rien de nouveau, rien de gras ni fibreux
Hydrate-toi dès le réveil
Pendant
Tenir sans frapper le mur
Ravitaille dès 30 à 45 min
60 à 90 g de glucides par heure (2:1)
Bois régulièrement, avec du sodium

Le minimum qui marche : monte tes glucides 2 jours avant, déjeune digeste 3h avant le départ, et ravitaille dès la première heure. Même sans plan parfait, ces trois gestes changent la fin de ta course.

L'énergie, ça se planifie

Remplis le réservoir.
Finis fort.

T'as le tour complet : le glycogène, la charge, le repas d'avant, le ravitaillement et les vraies nuances. Teste ta stratégie à l'entraînement, arrive à la ligne de départ le réservoir plein, et laisse le mur pour les autres.

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